Fiction

Publié le 20 Juillet 2016

Sombre. Sombre du noir d’une nuit infernale. Nuit de l’âme, nuit des sens, nuit des actes, tout est silence, obscurité. Nuit des temps. Gouffre ouvert. Plongée des êtres dans un abîme sans fond. Plaintes, longues plaintes silencieuses d’indicibles angoisses, mots scellés, empêchés, arrêtés. Peur au ventre. Errance de l’âme, vidée, essorée, lessivée, labourée, vampirisée. Désespérance. Bouches béantes au bord de l’écœurement. Lèvres explosées d’un air pestilentiel. Yeux hagards, rien pour accrocher un regard. Corps faméliques, ombres de ce qui fût. En d’autres temps ? Temps, tu n’es plus. Des cris déchirent le ciel. Oh Dieu, assez de tes fléaux, de ton courroux. Ton peuple est à terre, gémissant, larmoyant. Au bout de lui-même. Le monde sombre, sombre, sombre dans une nuit infernale.

« Lucas, tu as fini tes devoirs ? Allez, arrête de lire ces sciences fictions ? Mais où vont-ils donc chercher tout cela ! Papa, tu crois vraiment que cela n’a jamais existé. Quoi, ces histoires là ? Bien sûr que non. Des histoires de communistes encore ça. Ca n’a pas pu se faire, allons ! Et ils disent en plus que ça existe aujourd’hui dans d’autres pays ? Que cela se passe sous nos yeux ! Allons, donc, on le saurait, on aurait des images à la télé, on en parlerait dans les journaux, sur les réseaux sociaux. Plus rien ne nous échappe maintenant. Fiction tout cela ! Foutaises ! Juste bon à passer des soirées à lire. Allez, va te coucher. Dors bien. Et fais de beaux rêves".

Rédigé par Mireille Cholley

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