Publié le 25 Juillet 2014

Très chères mains

Il y a si longtemps que je n'ai eu l'occasion de vous voir, de discuter avec vous.

Comment allez-vous, depuis notre dernière rencontre? Je ne sais plus d'ailleurs depuis combien de temps elle date. Une semaine, un mois, un an : le temps s'efface face à vous. Il me semble vous connaitre depuis tout temps, vous me paraissez être comme une partie de moi, dans une telle intimité que vous seriez comme mon prolongement. Je pense à vous, parfois, pas si souvent que je le devrais il est vrai. Je vous sais active, oh combien, la droite faisant échos à la gauche. Si peu de discorde entre vous. Et pourtant, sans cesse vous vous affairez, faisant mille choses. Qui pourrait suivre votre rythme. Je vous ai vu la dernière fois courir après le temps, pour que tout s'apprête selon les désirs de votre propriétaire. Dès le matin jusqu'au soir, vous l'accompagniez dans ses tâches quotidiennes, et même les extraordinaires… Je me suis essayée à lister toutes vos actions….. Le vertige m'a prise. Une liste si longue a commencé à se dessiner, elle pouvait se dérouler sans fin. Des amis m'ont aidée dans cette entreprise, et bien nous en a pris, nous avons alors touché à l'infinie de vous, une litanie. J'ai alors commencé à réaliser, qui vous étiez.

Il vous arrivait pourtant, parfois, de vous échapper de l'emprise de lui, je l'ai vu, rarement certes, mais des signes ne trompent pas. Et vous manifestiez alors votre tempérament, par un signe donné, une mesure battue, dialoguant avec les mots dits, marquant le rythme des paroles émises, lâchant une pause dans la volonté de lui. Des secousses vous agitaient parfois, vous trembliez. Le froid, la peur ou d'énervement, et de fatigue. Même lorsque vous sembliez vous reposer, vous ressentiez encore alors, la douceur, la chaleur, la tension de ceux sur lesquels vous vous posiez. Oui, oui, vous donniez, donniez de votre personne.

Et personne n'est là pour le reconnaitre. Vous êtes je l'avoue, de grandes oubliées.

Mais que ferais-je si vous n'étiez pas là, pour manifester ce que je suis. Je suis confuse de tant de froideur de ma part à notre dernière rencontre, qui frisait le mépris. Que serais-je sans vous? Un esprit, sans chair ni corps, incapable de ressentir, d'éprouver, d'agir, d'exprimer ses émotions, si peu. J'aurais la parole, oui, les mots pour dire. Et même eux me parlent de vous, ils sont devenus vos plus fervents avocats. Depuis, je n'ose imaginer que vous puissiez me quitter, définitivement. Oui, décidément, j'espère que vous reviendrez vite me dire un bonjour, et que vos pardonnerez mon inconscience de vous. Tout au long de mes pensées vers vous, vous prenez une consistance, une densité, un poids, que jamais je n'avais soupçonné auparavant venant de vous.

Ces mots pour vous exprimer, aujourd'hui, grâce à vous, toute la beauté qui m'est apparue de vous, toute ma gratitude que vous soyez si simplement vous. Oui, quelqu'un au fonds de moi vous admire, pour votre humilité dans tout ce que vous accomplissez.

Votre devenu très dévoué serviteur

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Rédigé par Mireille Cholley

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