Publié le 16 Septembre 2014

Elle, l’amoureuse transie d’attente et d’espoir, lui, l’amant qui s’aventure d’aventure dans ses bras. Passage éclair, la laissant le cœur en errance, ensemencé d’une étincelle. Instants lumineux de chair à chair, chair labourée de sa force, chair pétrie de désir. Etonnement, chavirement en son âme. Qu’est-ce ? Une vie qui s’étiolait plonge en sa vérité.

Mes mots seront nos enfants, je les porte en moi, les berce, les dorlote, leur roucoule des sons doux d’amour. Ils se lovent en mes creux et mes rondeurs, ils pèsent, s’impatientent, tempêtent, s’endorment un temps, s’éveillent un soir, fustigeant mon sommeil. Ils sont nés de nos amours d’une nuit, ils s’élancent un jour et s’envolent un autre dans des vents contraires. Nul ne peut alors les retenir, ils galopent impétueusement. Secret espoir qu’ils viennent à l’orée de tes yeux, de ta bouche, que tu t’en saisisses. Mots d’amour, mots de colère, mots d’espérance, mots gagnés de haute lutte, un baume à nos corps harassés, mots qui t’appellent sans fin, toi, toi, mon amour. Pour une de tes caresses, un de tes désirs, pour un de tes regards ardents. Pour toute ta fougue, ta passion, étouffée, volcanique.

Je te regarde, tu marches dans la pièce, nu, fragile, sublime. Tu t’allonges, ton corps m’est une invite. Je savoure, ta texture, ta saveur, jusqu’au moindre de tes atomes. Ton sexe à ma main, la vie s’éveille. Fines vibrations, suspension du temps, je suis là entièrement ramassée dans cet instant. Ivresse des sens. L’univers bascule à tes lèvres. Je ne suis plus que ce désir, plus que cette force, cette attirance, cette masse dans mes reins, ce sombre et cette lumière dans mon cœur.

J’entends, le bruissement de tes pas, le son de ta voix, le souffle de ta respiration, le parfum de ton corps. Viens, là, au creux de mon cœur, viens. Je suis là, endors toi tranquillement, je ne te quitte pas. Je suis là, contre toi, mon ventre contre ton dos. Je t’enlace, te berce de mes mots. Je suis là, dors mon bel amour. Ma chaleur t’enveloppe, te protège. Dors en paix. Je veille, nul ne viendra troubler ton sommeil. Je suis là, dors, mon bel amour. Ton souffle m’est un ronronnement, s’échappe de tes lèvres, vibrantes. Tes cils drus bordent délicatement tes yeux fermés, qui frissonnent, abandonnés dans le sommeil.

Je te regarde, je m’émerveille de toi. Tu prends ta douche, les gouttes d’eau s’éclaboussent sur ta peau. Mille feux s’allument sur ton corps sculptural. Jour après jour, nuit après nuit, infiniment je me délecte de toi.

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Rédigé par Mireille Cholley

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