Publié le 1 Novembre 2014

Ma ville d'adoption

Aix et sa douceur de vivre, son soleil, ses fontaines et ses places ombragées. J’ai vécu dans cette ville près de 20 ans, parfois m’éloignant d’elle. Et fidèle lui revenait à chaque fois avec un plaisir renouvelé. Le cours Mirabeau, son artère centrale, une double circulation entre rive droite et les hôtels particuliers, et rive gauche et les ruelles aujourd’hui commerçantes. Je me suis perdue souvent dans ses rues. Et je me retrouvais indéfectiblement sur ce cours. Cours ceinturé d’augustes platanes centenaires. Trois fontaines l’agrémentent, deux d’eau de source en son milieu dont les Aixois, les vrais, viennent remplir leur bidon. La troisième est à l’extrémité et trône au centre de la place de la Rotonde, majestueuse et explosant de fraicheur. Alignement des cafés sur le trottoir gauche du cours, les femmes et les hommes passent et s’offrent au regard des touristes assis aux terrasses. Alignement des commerces de luxe et des banques sur la rive droite, protégée des flâneurs. Accord tacite, indicible. Animation le soir, le cinéma draine les habitants des alentours de la ville. Un boulevard la ceinture, l’entoure, la protège des agressions des voitures. Le centre d’Aix se découvre à pied. Au-delà, rayonnent tous les villages méditerranéens hauts en couleurs.

J’ai souvent arpenté ses ruelles pour aller à mon travail, garant ma voiture au parking de l’entrée Sud et marchant vers l’enceinte Nord. Tôt le matin et tard le soir. Eveil des commerces aux petits matins, va et vient des camions venant achalander tôt ou décharger à midi le marché du centre-ville. Notre café préféré sur la place du centre, où souvent nous nous reposions à midi prenant le soleil en plein visage avant la reprise du boulot. Souvenirs d’amis et de collègues avec qui nous refaisions le monde, avec qui j’ai vibré d’émotions multiples suivant les aléas de nos amours. Autre café et terrasse favorite sur la place de l’église, en fin d’après-midi ou le dimanche pour siroter un pastis, un kir en se prélassant tout en finissant une réunion. J’ai connu les cours intérieures des hôtels particuliers, lors des festivals de musique, où nous pouvions écouter Mozart, Bach, Debussy, Messiaen, et des auteurs compositeurs contemporains encore inconnus. Et vu les parcs se transformer en scène lors des festivals de danse. J’en connais sa saveur, sa plénitude, et ses excès. Monde lisse d’une bourgeoisie bien-pensante, Aix stagne, Aix dort, Aix se conforme à sa réputation. Monde bien huilé d’aisance et d’oisiveté. Qui l’oppose à sa voisine, Marseille la tourbillonnante et foisonnante. Mais Aix reste ma ville, où pointe un soupçon de nostalgie en mon cœur lorsque je me souviens de ce temps, qui n’est plus. Et ne sera plus, Aix a pris son virage, le TGV est à peine à trois heures de Paris. Les couleurs d’une banlieue parisienne chics, le soleil en plus.

Je me rappelle, sa lumière, son eau, ses thermes. Son érotisme entre soleil et humidité.

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Rédigé par Mireille Cholley

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