Publié le 25 Avril 2015

Histoire, vraie?

Elle oui, d’ailleurs elle ne sait faire que cela. Cela ne l’engage pas.

Inconnu d’un moment, de préférence. De l’éphémère. Même si elle prétend à une relation stable, fiable, elle fait tout ce qui est imaginable, pour ne pas risquer d’être. Qui en fait ? Non pas qui. Risquer d’être, elle l’a fait, en naissant. Elle a voulu venir au monde, malgré le non désir de la mère. Le père lui n’en savait rien. Elle est venue en double, en parallèle d’un frère, juste un an derrière lui. Toute la tendresse de la mère épuisée s’est portée sur lui. Pas de place pour elle depuis sa naissance. On lui a fait sentir qu’elle était de trop. Elle disait même : « Maman, deux bébés, c’est pas trop ». Et personne pour la rassurer, pour lui dire, « je t’aime », « je suis heureuse que tu sois là ». Ni père, ni mère, ni frère, ni sœurs pour simplement la prendre dans leur bras, la cajoler, et lui dire : « sois la bienvenue, nous t’aimons ». Elle a tenu la place de l’indésirable, de celle qui n’était pas attendue, de celle qui ne peut que se vouer en quatre pour grappiller quelques miettes d’amour. Des miettes de nous, c’est le titre de son blog. Nous, les mal-aimés. Et elle se présente, dans le monde, en silence, petitement, pour ne pas prendre trop de place. Pour ne pas déranger.

Une exception à la règle familiale… ? Mais sa vie n’avait rien d’exceptionnelle. Un métier qui assurait ses ressources matérielles de base, quelques rares amis, de vrais amis, un réseau social orienté professionnel. Des congés en solitude. Elle se sentait vivre lorsque l’activité professionnelle mobilisait toute son énergie. Un surinvestissement en découlait. C’était ce qui l’empêchait de sombrer dans la déprime, dans l’ennui. Et là, dans cet univers, même si routinier de l’administration, elle se sentait vivre, elle croyait en ses qualités, en ses dons, en ce qui la rendait particulière. Une vivacité de pensée, de perception et de jugement, une vision du futur, une capacité à organiser, à agir avec agilité, à évaluer et à ajuster le tir. Répondait-elle à l’injonction de la mère, à son désir : avoir un métier, être indépendante, ne dépendre surtout pas de l‘argent d’un homme. C’est ce qu’elle a fait. Tout en croyant agir de son plein gré, librement….

Elle vit alors, ne livrant que la surface d’elle-même. Même ses amours marquent son désarroi. Des hommes sans envergures, parce ceux qui en ont ne pourraient pas être attirés par elle. Elle ne les rencontrerait pas. Elle ne serait pas femme face à eux. Elle serait trop encore une fois, avec trop de problèmes. Alors, elle préfère choisir ceux qui en ont, des problèmes. Ainsi, elle ne pense plus aux siens, elle se croit forte d’un amour généreux, qui ne peut pas se refuser. Mais voilà, ce monde s’écroule. Même cet amour lui est interdit. Elle a fait signe de rupture avec son amour d’été. 3 mois de relation, pour 4 mois d’absence, ponctuée de SMS, quelques signes donnés comme le sont des piécettes jetées. Pour faire patienter. Elle a fini par refuser ces miettes de leur relation. Mais elle ne se sent pas en accord avec cette décision. C'est une première, dans la longue série de ses ruptures volontaires. Elle a souffert d’autres, celles subies, celles imposées, celles de la trahison. Rien de tout cela ici. Juste un raz le bol. Elle avait la conviction, qu’il faisait encore couple avec sa femme. Dans la haine et la guerre. Mais coupe. Sa femme aura réussi à l’isoler, à l’enfermer dans des problèmes sans fins, qui le rendent indisponible. Mais une intuition la guide. Rester fidèle à elle-même, c’est sa décision. C’est ce qui lui redonne sa sérénité. Elle avait toujours pris les virages de sa vie sur une intuition, celle qui lui procurait une paix intérieure.

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Rédigé par Mireille Cholley

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Publié le 4 Avril 2015

Une histoire si vraie?

Sensible, elle est d’une sensibilité extrême, fine, presque maladive. Elle aura mis 60 ans à pouvoir en prendre le parti d’en rire. Là, elle court, elle court après un rêve d’amour, une quête d’un impossible, amour idéal, amour. Trop de mal-amour dans sa vie, trop de désamour, d’illusion, d’espoir, d’espérance, de trahison. Qu’est ce qui fait sa solitude. Elle n’est n’y moche, ni belle, ni sotte, ni trop intelligente, ni malade, ni hyper active. Une femme pas trop passe partout. ET pas trop exceptionnelle. Mais voilà, elle a, elle, cette croyance du côté exceptionnel de sa vie. Vous savez dans la grammaire, il y a les règles, et leurs exceptions. Les cas qui sont à côté, peu habituels, qui font signes d’une histoire tortueuse de la règle. Marquée de débats, de compromis, d’opposition, de conflit à l’existence. Un cas d’exception dans ce qui régit sa vie. Elle se croit être née avec une mission. D’ailleurs, elle est devenue chargée de mission. Une charge qui pèse sur elle. Celle d’une transmission ? Celle de non-dit, d’un rôle familial assigné. Le rôle de celle qui n’est pas encore, celle qui est à côté. Elle regarde le monde de côté. Sa tête penche, légèrement, sur la gauche. Son œil droit a une coquetterie comme cela se disait dans le temps, qui la fait voir avec un regard double. Comme sa vie l’est, trouble. Une vie où son corps se meut dans un espace de matérialité, qui se manifeste en mangeant, respirant, marchant, courant, riant, pleurant, criant, s’émouvant, travaillant. Beaucoup dans le travail. Son âme, elle, se balade perdu entre deux réalités, hésitante dans une zone d’ombre et de flou. Qui lui donne l’air de flotter, de n’être pas encore là.

Comment en est-elle arrivée là ? Qu’a-t-elle subit ? Car forcément, elle est une victime. Quel le message fut gravé dans sa mémoire la plus intime ? 60 ans pour une question.

La honte l’a poursuivie, d’elle-même, d’être ce qu’elle est. Elle ne convenait pas à sa famille, erreur de livraison. D’ailleurs, ses lettres en ce moment n’arrivent pas à leur destination… Une coïncidence….Elle n’aurait pas dû arriver là où elle a atterri. Erreur de naissance. Mal née, voilà ce qu’elle se raconte, encore dans une adolescence. Sa famille n’aurait pas dû être celle-là. Pas cette famille-là, une famille au père absent, alcoolique aux dires de la mère, une famille à la jalousie féroce entre sœurs et frère, avec une mère dépressive, en mal de vivre permanent. La plainte, la vindicte, la haine de l’homme en général et de son mari en particulier. Une femme frustrée, une insatisfaite.

Pourtant la scène initiale du roman familial fut prometteuse. Un coup de foudre. Cet homme avait courtisée sa mère avec la douceur de ses yeux et son insistance en venant la voir dans son magasin. Elle avait du sex appeal. Elle tenait une boutique de sous-vêtements. Le regard coquin, attisant, des femmes qui désirent l’homme sans le connaitre encore. Elle donnait des signes d’une personne dévergondée, pour son époque. L’homme a craqué. Il était militaire, il partait en guerre dans un pays lointain bientôt, très bientôt. Le temps passait vite pour lui. Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre. Lui pour un peu de chaleur, de tendresse, lui qui fut abandonné par sa mère à sa naissance. Et repris sur le tard à l’âge de 5 ans. Elle, pour sa liberté, pour quitter une famille qui a rendu ses enfants esclaves de l’entreprise familiale. 12 enfants, une mère au bras de fer et régnant autoritairement à la tête d’une PME en province. Elle devait subsister, elle devait être la force d’une vieille aristocratie déclinante, elle devait porter le fleuron loin, très loin pour survivre et éviter la déchéance : misère et perte de son rang. Seul, l’ainé mâle s’en sorti avec les honneurs : chef d’entreprise et héritier des terres. Les 11 autres furent employés dans la PME, pour trois fois rien, les plus jeunes pour une bouchée de pain pendant leur temps hors scolaire. L’époque dit-on voulait cela. Dit-on, c’est sa mère qui le disait. Avec la rancœur dans le cœur. Il n’y eut aucuns signes de reconnaissance, d’amour dans cette smala et lors de la passation de pouvoir. Il en ressort une froideur d’âmes de pierre.

Le sou, les sous et les dessous. Voilà toute l’affaire. Reprenons depuis le début.....

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Rédigé par Mireille Cholley

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