Publié le 31 Janvier 2016

L'eau

Elle n’en peut plus, elle est épuisée. Elle marche depuis plusieurs jours sur une route poussiéreuse, défoncée. Elle voudrait tout abandonner, et juste se coucher au bord de la route, et mourir. Son sari est trempé de sueur, la chaleur est extrême et étouffante, ses bronches sont sur le point d’exploser. Elle tient à peine debout, ses pieds s’entremêlent, elle peine à porter sa jarre d’eau. Et pourquoi ne pas la laisser là, elle viendrait la chercher plus tard ? Mais si elle trouve enfin de l’eau, elle serait bien embêtée de ne pas l’avoir avec elle. Pourquoi d’ailleurs continue-t-elle à chercher ?

Elle n’en peut plus. Elle tient à peine debout, elle voudrait mourir. Les villageois lui ont dit : nous comptons sur toi, tu connais la route. Mais la route n’existe plus ; personne ne l’a entretenue. Les hommes du village n’ont pas voulu non plus du puits que les étrangers proposaient de creuser. Et elle porte cette jarre, qui pèse à cet instant si lourd, si lourd, pour quelques gouttes de l’eau du fleuve, qu’elle ne trouve plus.

Elle n’en peut plus, elle est à l’extrême de ses forces. Elle voudrait tout abandonner et mourir, que prenne fin ce calvaire, enfin. Mais elle marche et cherche encore, pour ses enfants, pour sa sœur, pour son honneur, parce qu’il le faut. Elle déposera sa jarre, pleine d’eau, aux pieds de ceux qui lui ont fait confiance. Elle tiendra, jusque- là. Mais elle désespère à nouveau, elle ne sait plus où se trouve ni le fleuve, ni son village, sa mémoire se brouille. Elle pleure, dans un sentiment d’une solitude infinie.

Elle est épuisée, ses forces l’abandonnent, elle voudrait mourir, que se termine ce calvaire. Elle fléchit, son corps s’affaisse, son pied butte contre une touche d’herbe. De l’herbe ! Enfin ! Espérance. Le fleuve est là, elle l’a retrouvé, elle peut se reposer, boire, enfin, boire à n’en peut pouvoir, avant de repartir vers son village. En aura-t-elle la force ? Elle mettra ses pieds dans les traces de ses pas, elle priant Dieu que le vent en ait laissé quelques marques, en priant pour que les jours deviennent quelques heures grâce aux forces renouvelées.

Son corps décharné ne tient plus debout, elle est allée jusqu’ au bout d’elle-même. Elle dépose enfin une jarre d’eau fraiche aux pieds de ses enfants. Avec la hantise du prochain départ. Elle ne pourra pas refaire ce chemin, seule. Elle sait maintenant que la mort l’attendra. Mais, demain, après-demain, puisqu’il le faut, elle repartira, en priant pour que la pluie vienne entre temps. Et elle se demande, pour elle-même, où sont maintenant les étrangers et leurs promesses. Irait-elle à la ville avec ses enfants ?

Ses enfants pleurent à nouveau. Ils sont affamés. Les hommes restent immobiles, ils attendent. Demain, c’est décidé, elle ira à la ville s’installer avec ses enfants, dans le taudis où habite son oncle. Sa sœur sera du voyage.

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Rédigé par Mireille Cholley

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Publié le 23 Janvier 2016

Des amours....

Celle qui a pénétré un moment d'abandon dans le studio de sa rivale, en pleine nuit, alors que son amour l'avait rejointe

Celle qui a crevé les roues de voiture de son amour alors qu'il avait décidé de vivre avec sa maitresse

Celle qui a affirmé être enceinte pour retenir son amant

Celle ​qui est entrée dans la chambre de son mari, au lit avec sa conquête du moment, juste pour sentir son odeur et le voir dormir

Celle qui est resté au salon toute une nuit, alors que son compagnon était dans les bras de son amante, au premier étage, attendant le levée du jour pour partir, définitivement

Celle qui a trompé par divertissement celui qui lui était fidèle

Celle qui a jeté son ami, par insouciance et ennui

Celle qui acceptait que son amant parte avec une autre en vacances, le retrouvait à chaque fois plus aimant, jusqu'à ce que l'irrémédiable se produise

Celle qui mille fois a redonné& sa confiance, et mille fois fut déçue

Celle qui espère avec patience et tendresse, et accueille les passions ardentes

Celle qui fait tous les compromis, pour ne pas être seule,

Celle qui n'en fait aucun, pour être libre

Elle, l'amante, l'l'épouse, la compagne, l'amie, la sœur, la confidente, pas encore l'aimée.

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Rédigé par Mireille Cholley

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Publié le 10 Janvier 2016

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Personne n'est plus là pour s'écouter.

Que savais-je, il y a maintenant si loin,

Que savais-je du chemin à parcourir

Pour tant de simplicité et de présence d'un geste

Pour tant de vie dans un instant.

Que savais-je de tant et tant de traversées

Il y a maintenant si loin en arrière

Que ma mémoire se perd.

Entre ici et il y a si loin,

La mémoire vacille.

Premier repas vers un je ne sais quoi,

Un je ne sais quoi qui résonne.

Désirs, désirs, appels silencieux du fond d'un cœur

Cœurs qui n'en peuvent plus d'enclore

Débordements de premiers pas qui s'entremêlent.

Mordant d'un sang,

Sang de la terre.

L'humeur d'un aujourd'hui impossible.

Chemin de traverse que nul ne peut plus accompagner

Solitude d'un chacun qui n'en peut plus de lui-même.

Sang de la terre

Chaleurs des cœurs

L'odeur d'un lendemain

Qui espéré dans mile désespérances.

Errances haies et aimées

Oublie même de l'espoir

L'homme de fait homme.

Chaleur d'un cœur

Résonnance de corps

Ruines alors qui plus que cendres,

Se font flammes

Flammes vacillante et jaillissantes

Flots débordants, inexorablement

Qui, plus que savoirs et pouvoirs,

Se font l'un pour l'autre

L'un avec l'autre

Réceptacle, simple murmure d'un possible

Creusé d'expériences du vivre

D'une humaine traversée.

S'écrire

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Rédigé par Mireille Cholley

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