Publié le 27 Mars 2016

Silence, on tourne

Silence. Ah, le silence ! C’est de la force, c’est de la puissance en attente, une bombe….. 20 jours sans voir personne, presque, 20 jours à dire quelques rares paroles : bonjour, au revoir, combien cela fait, merci, oui, je vous en prie, bonne journée, bonne nuit. 20 jours à déjeuner en silence, à dîner seule, à marcher en compagnie de moi-même, à lire, écrire, écouter le vent, les oiseaux, le murmure des vagues, le bruissement des feuilles, le tintement des gouttes d’eau, à sentir, la brume, l’humidité du sol, l’iode, les feuilles des arbres et leur tronc. A écouter mon cœur battre, à entendre mes pensées dans leurs chevauchées sauvages, pensées à se tourmenter, à s’apaiser, à s’assouplir, à prendre conscience, dans des éclairs. 20 jours à regarder le temps passer. Pas désagréable, plutôt jouissif. Une force, oui ! Après coup. Etre en bonne compagnie avec soi, c’est rare. C’est sublime. Un silence dans une conversation, c’est du trouble pour la plupart, un creux, un vide, un abîme sous ses pieds, une angoisse indescriptible. Rares savourent l’espace qui s’ouvre dans un silence. Espace infini. Profond. Délicat. Le temps s’étire, le temps disparait, le temps devient un ami, une chose. Comme une table, une chaise, un frigidaire, un stylo. Tout mettre dans ce rien. La force de l’attente, de l’écoute, de la connaissance. Etre là, soi, dans une plénitude qui s’absout de toute agitation, du remplissage, du gavage, du « ne surtout pas rester sans rien faire ». Ah ! Oui…. Etre là, face à toi, face à moi, dans la sérénité du rien. Mais je vous ennui avec mes divagations. Non ? 20 jours de solitude et de silence, moitié moins que Jésus dans le désert, la moitié des quarantaines des lépreux, ces rejets de la société pour la protéger. 20 jours pour une enveloppe où le temps n’a plus de prise. Que du bonheur à l’état brut, scintillant.

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Rédigé par Mireille Cholley

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Publié le 12 Mars 2016

L'eau fin

Le long d’une grande plage de sable blond. C’est là qu’il la conduite. Au loin, très loin de la ville et de sa foule. Très loin de sa misère. Ils ont marché, longtemps, les pieds dans l’eau, à l’écoute du ressac des vagues. Elle a laissé son esprit vagabonder au gré de la douceur du soleil d’une fin de journée. Ils sont entrés dans une masure de bois, sur pilotis. Chez lui. Une grande pièce ouverte sur la mer, un horizon infini, une enfilade d’autres espaces, et une chambre, noire, pour les photos, pour les exposer et les développer. Là, il lui a parlé de la fulgurante transformation de son village. Là, elle a vu, les champs labourés, verdoyants, le rire des enfants, le sourire des mères, l’ardeur des hommes. Là, elle fut saisie. De son amour des siens, de son pays, de sa culture. De sa connaissance profonde, intime, intuitive. Un trouble l’envahit. Sa prestance, son attention, ce regard, cette douceur dans sa voix …. Elle s’émeut de lui. Elle ressent son désir. D’elle, de son histoire, pour l’Histoire. Elle comprit, elle, debout, encore, et attentive.

Jacques, en duplex du Tarshill. Le puits est inépuisable. Son eau est limpide. Toute la population des alentours vient s’y désaltérer.

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Rédigé par Mireille Cholley

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